De la Grande Déesse

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Le féminin sacré est hyper médiatisé, perdu au cœur d’un phénomène de mode capitalisto-spirituel fourre-tout. En témoigne un des derniers numéros de la revue « Styliste » ouvrant sur une vulve géante puis présentant, dans un mélange de fumée arc en ciel et paillettes, les nouveaux produits de mode côtoyant les principes du cycle lunaire-menstruel avant deux pages d’interviews des peoples américains du très branché monde du bien-être.

La grande ignorée des tweets, pubs, et podcasts est pourtant celle qui vient questionner l’ordre établit de cette société patriarcale consumériste et polluante, celle qui, silencieuse, est au cœur des regroupements de femmes (et de quelques hommes) sans que souvent ceux-ci la connaissent.

Au- delà de la dichotomie masculin/ féminin, animus/anima, action/réception la Grande Déesse est le symbole de la symbiose entre ces deux pôles.

Mère nature, à la fois créatrice et destructrice, ciel et terre, vie et mort, brutale et douce, maternelle et guerrière, prostituée et sainte, parfois androgyne, c’est elle qui est célébrée partout à travers le monde pendant des milliers d’années.  S’en suit différentes vagues de patriarcat consistant dans un premier temps en une fragmentation de ses différentes propriétés puis, avec les premiers textes monothéistes, en une démonisation de tous ses symboles visant l’éradication de son culte et l’asservissement des femmes aux hommes et à Dieu.

Si l’on peut douter du caractère idyllique des sociétés organisées autour du culte de la mère divine on ne peut cependant pas questionner le fait que durant toutes cette période le féminin et la nature aient été sacralisés. De ce fait, les femmes étaient reconnues tant sur le plan religieux que sur le plan politique, elles étaient les gardiennes de la lignée et du clan, libres détentrices de leurs corps et savoirs, propriétaires des terres et biens.

La destruction des cultes à la Déesse entrainera la colonisation du corps féminin et la restriction de la femme au rôle de procréatrice dépourvue de tout types de droits. Cette destruction s’opère par la mise en place d’un système guerrier condamnant les hommes à des rapports de force et de violence et se traduisant initialement par le passage d’une vénération de la nature à sa domination.

C’est donc sur l’histoire de cette domestication séculaire à la fois biologique, organique et idéologique qu’il me semble indispensable de se pencher lorsque l’on travaille sur la signification du féminin sacré.

Sans haine aucune envers toutes les représentations du divin, panthéons hétéroclites ou puriste, croyances monothéistes, polythéistes, animistes, et syncrétiques, il apparaît toutefois urgent de redonner une place à cette mémoire collective génocidée pour se relier à notre ancestralité et soigner nos lignées.

Au nom de la Grande Mère du Père et du fils/ de la fille.

Amen.

 

Lia Antonelli Cerqueira

 

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