Allez

 

vivavida

Jusqu’à quand notre corps de femme sera notre croix ?

Jusqu’à quand allons-nous devoir écouter les blagues stupides, baisser les yeux devant les regards insistants, sourire sans grâce devant les allusions ?

Jusqu’à quand allons-nous blêmir sous les gestes subis, contrôler toujours la distance, craindre la solitude ?

Jusqu’à quand allons-nous réfléchir à comment se vêtir, à par où passer et à quelle heure ?

Jusqu’à quand allons-nous vivre sur nos gardes, dans le silence ou la honte ?

Jusqu’à quand allons-nous laisser les professionnels charcuter nos corps et nous infantiliser ?

Jusqu’à quand allons-nous accepter les mots de folle, sotte, salope ?

Jusqu’à quand allons-nous craindre pour nos filles et nos sœurs plus que pour nos fils et nos frères ?

Jusqu’à quand allons-nous laisser les coups marquer les chairs et les plaintes accumulées mener au cimetière ?

Jusqu’à quand allons-nous nous sentir impuissantes et incapables de se défendre ?

Jusqu’à quand allons-nous nous laisser convaincre que c’est ce qu’on mérite ?

Jusqu’à quand allons-nous rester à la place que d’autres ont choisie pour nous ?

Jusqu’à quand allons-nous chercher nos mots alors qu’on hurle à l’intérieur ?

Jusqu’à quand allons-nous nous charger de tout et pour tous ?

Jusqu’à quand allons-nous comprendre l’incompréhensible, pardonner l’impardonnable ?

Jusqu’à quand allons-nous nous sentir coupables ?

Jusqu’à quand allons-nous faire des larmes et de la boule au ventre nos amis ?

Jusqu’à quand allons-nous penser que ce n’est pas si grave ?

 

Je porte dans mon ADN des millénaires de violences, je porte dans mon ADN les mémoires de toutes celles qui n’ont pas pu, pas su, pas osé, de celles qui ont tenté mais qu’on a fait taire, de celle qui ont réussi mais qui se sont perdues mais aussi de celles qui ont lutté et qui ont vaincu.  Dans un monde d’hommes malades cautionné par des femmes complices, dans un monde d’hommes éduqués à l’omerta du soi et à la conquête de la nature et des êtres, dans un monde de femmes et d’hommes en souffrance qui en font souffrir d’autres je constate de jour en jour l’urgence de repenser et parler.

Je constate de jours en jour la nécessité de se rassembler, entre femmes, entre hommes, puis ensemble, peut-être qui sait, plus tard, bientôt.

J’invite mes sœurs à sortir de leur isolement, de leurs peurs, de leur jugement et conditionnement.

Allez, femmes sacrées parler à d’autres femmes, poser un regard attentif sur celles que vous méprisez, vous confiez à celles qui vous inspirent confiance, allez, participer à des cercles, des groupes de paroles, sentir que vous n’êtes pas seule.

Allez, soutenir une inconnue en difficulté, regarder l’autre comme si c’était vous, lui donner courage. Allez, dire aux jeunes, aux anciennes, à vos pairs qu’elles sont puissantes et magiques et qu’elles portent toute la force du monde en elles.

Osez,  femmes sacrées dire non, dire ça suffit, dire ta gueule, dégage ! Témoignez et si vous ne pouvez pas parler demandez à d’autres de le faire pour vous jusqu’à ce que vous soyez prêtes. Écoutez la voix en vous qui vous dit ce qui est juste ou ne l’est pas, ne la muselez pas.

Osez, porter cette robe que seul votre miroir connaît, boucler vos valises et passer la porte, faire des enfants ou bien jamais, recevoir ce que vous donnez, vous associer pour résister.

Allez femmes sacrées, allez.

 

Lia Antonelli Cerqueira

 

 Par respect pour mon travail, merci de citer la source de celui-ci si vous le partagez.

©Liaantonellicerqueira-2019

©Mamaluareiki-2019

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