Equinoxes et tri

Les équinoxes sont la manifestation cosmique de la transition.

Ils sont synonymes d’équilibre, de passages . Les célébrer c’est faire basculer, s’éloigner de, aller vers. 

Comme l’implique les lois physiques de la matérialité ( et aussi du consumérisme ) nous vivons entourés d’objets, plus ou moins essentiels, qui reflètent notre identité et notre univers personnel.   

Ceux qui s’intéressent à  la circulation de l’énergie savent à quel point les objets se chargent et connaissent l’importance de la purification et du vide pour attirer le renouveau . 

C’est pourquoi à l’approche de l’équinoxe d’automne et pour vous y préparer au mieux je vous invite à plonger au coeur de vos possessions.

Chacune aura sa manière de faire,  peut être point par point, étape par étape, avec application et concentration. Pour ma part, en bonne bordélique qui se respecte j’aime basculer mes tiroirs placards, et étagères,  faire des piles de choses sur le sol et passer quelque temps immergée dans le chaos de ces morceaux de moi même avant de me lancer dans le grand tri semestriel. 

Et là ça commence … 

Qu’est ce qui ne parle plus à la femme que vous êtes devenue ces derniers mois ? Qu’est ce qui vous rattache matériellement à cet ancien vous ( béni soit-il car il vous a permis d’arriver ou vous êtes aujourd’hui mais n’a plus de place dans votre progression) ? 

Qu’est ce qui manque à ce nouveau vous qui toque à la porte ? Qu’est ce qui vous permettrait de vous sentir davantage incarnée, en accord avec vos sentiments, désirs et projections ? Car parfois certains objets font la différence de par la valeur symbolique qu’on leur accorde et de ce fait le pouvoir qu’ils nous confèrent. 

Ici la question n’est surtout pas de racheter ou remplacer tout ce dont vous vous serez débarrassée mais bien d’identifier et de sélectionner ce qui va vous soutenir pour accomplir la traversée du pont automnal jusqu’a la rive opposée, celle du nid hivernal du phénix.  

Tout peut être rituel, source d’inspiration et de sens à partir du moment ou nous l’interprétons et le sacralisons alors, sous la lumière déclinante du soleil : déversez et lavez, aérez et donnez, rendez à la terre, brûlez, purifiez  et accueillez en entonnant le chant de la transformation.  

Lia  Antonelli Cerqueira

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articles L-111-1 et L 121 – 1

Mais qu’est ce ?

Choisir la voie du  féminin sacré , mais qu’est ce ? 

C’est passer au scanner nos rôles respectifs, de femme, de fille, de mère, de grand mère, de soeur, de professionnelle, d’épouse, d’amante,  de compagne, d’amie, de collègue et tous les autres. C’est repérer les archétypes qui nous dominent, par choix ou conséquence, et réajuster.

C’est accepter de plonger dans notre âme et de décortiquer ses voix, analyser nos rêves, observer nos corps et leurs messages, nos émotions et leurs contradictions. C’est répondre à leurs demandes.  C’est éplucher, encore et encore, explorer la mémoire et ses traumatismes, démonter les automatismes. 

Marcher vers son féminin sacré c’est questionner nos croyances, nos convictions, nos maux. 

C’est se regarder bien dans le yeux et dans le ventre, en acceptant nos failles, nos erreurs, notre vrai visage qui est multiple, brillant, sombre.  C’est être honnête envers nous- même, même si c’est douloureux , car c’est cela qui permet de sortir du cercle des répétition et d’aller vers la spirale de l’évolution. 

C’est identifier nos peurs et nos limitations et se demander de quoi nous protègent -elles ? 

C’est puiser la force dans nos tripes de transformer, accepter le délai du temps, reconnaitre le moment de l’action. 

Etre dans son féminin sacré c’est questionner notre conditionnement, notre histoire, notre famille, notre société.

C’est aller vers la compréhension de notre interaction avec le monde extérieur,  notre environnement quotidien. C’est faire un pas vers  la nature et reconnaitre la valeur et la magnificence de toutes les formes de vie.

C’est s’ouvrir aux manifestations de l’invisible qui nous parle constamment sous les formes les plus simples. C’est apprendre à sentir, re-sentir, faire le lien, voir les signes. 

C’est inviter nos angoisses à diner, dénicher leur source puis leur fermer la gueule.

C’est nettoyer et  recoudre avec soin les blessures de la matrice et de l’égo, ré -enchanter le coeur. 

C’est aligner progressivement nos actes et sensations avec nos valeurs profondes, comprendre ce qui fait sens et vers quoi l’on doit s’engager. 

Marcher vers sa sacralité c’est travailler à accueillir le mouvement permanent, reconnaitre la préciosité de l’éphémère,  faire connaissance avec la mort, apprendre a l’aimer, veiller à ce qu’elle reste de passage. 

C’est chercher des réponses, aller vers le savoir, comprendre que l’on est sa propre initiée.

C’est envisager la lune et le soleil comme des métronomes  parfaits de la roue de la vie, enlacer leurs courants et suivre le flux. 

Lia  Antonelli Cerqueira

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Sauvage…

 

 

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Tu vois quand ça bouillonne, quand tu sais pas pourquoi mais qui y a ce truc qui grouille en toi, ce truc incompréhensible mais qui est là, qui a besoin de s’exprimer dans toute son étrangeté, dans toute sa violence. Ce truc mystérieux, qui dérange, ce truc qui prend de la place, qui fait du bruit, qui fait du sale, du désordre. Ce truc qui fait peur aux autres car la beauté l’a quitté, du moins la beauté domestiquée.

Je parle de ce truc qui déforme, qui grimace, qui sonne beaucoup trop aigu ou grave, sans aucune mélodie, de ce truc qui te fait suer, qui fait que ton mascara waterproof devient peinture de guerre, que tes mots choisis avec soin pour ne blesser personne deviennent salive et cracha et bave magique qui dégoulinent de ta bouche et que tu balaies d’un revers de la main.

Je parle de ce truc qui te balance et t’excite, te rends ivre et tellement connectée à la fois, ce truc qui te met en transe, qui te rapproche de la folie, du vrai toi dépouillé d’égo, de logique, de peur. Ce truc qui t’amène à la frontière des mondes, qui te fait ouvrir tes sens et tes pores et tes portes et ton cœur et qui laisse tout ton art envahir l’espace.

Ce truc qui te rend invincible car indomptable et qui brise en mille éclats les souvenirs  douloureux et les cadenas.

Cette expression brute d’où jailli toute la magnificence authentique de l’unicité de ton être, tu vois ce truc dont je parle ? ce truc là qui ressemble à ta femme sauvage…

 

Franchement, ça fait combien de temps que tu l’as pas vu ?

 

 

 

 

 

 

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Je rêve d’un monde où il n’y aura plus besoin d’une journée de la femme.

 

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Je rêve d’un monde ou il n’y aura plus besoin d’une journée de la femme.

 Une journée dans l’année pour se rappeler que la souffrance et la violence continuent, que la domination se poursuit, que le patriarcat règne toujours en maitre. Une journée pour rendre hommage à celles à qui nous devons tout mais que l’histoire à volontairement effacé.  Ou sont les noms de rue, de place, les statues, les cérémonies, les mots parlants d’elles ?

Un chapitre dans un livre scolaire d’histoire vite balayé par une remise des Césars indécente.

Les phrases dénonciatrices crient sur les murs de nos villes mais les passant restent sourds, aveugles et muets. Rues de béton et d’hommes en rut . Jungle urbaine ou le féminin sauvage est ligoté.

Des manifestations féministes PACIFISTES ou les femmes sont gazées et maintenues au sol avec force juste parce qu’elles existent.

Des filles qui viennent te raconter comment elles se font briser mais qui continuent d’aimer leurs bourreaux parce qu’autour d’elles il n’y a pas d’autres modèles.

Des corps qui resistent encore et toujours pour simplement être et des âmes qui parfois voudraient fuir de leurs corps.

Des politiciens qui décident pour celles qui portent en elle la vie et la mort.

 Et nos sœurs, par centaines, dans les contrées lointaines, servant de bétail, d’esclaves, d’armes de guerre, de ventres, de marchandises.

Ne pas être trop belle, ne pas être trop femme, ne pas être trop heureuse surtout ne pas briller. Ne pas être trop libre, ne pas être trop forte, ne pas prendre trop de place, rester ou on nous met. Ne pas trop demander, ne pas trop s’exprimer, cacher notre impureté et puis s’agenouiller.

Alors non merci, je ne veux pas de vos fleurs,  je ne veux pas qu’on m’encense aujourd’hui et qu’on m’oublie demain.

La journée de la femme est là pour nous rappeler que même si nous progressons, le chemin est encore long, très long pour transformer la société. Elle existe pour que nos mémoires ne s’éteignent pas, afin que l’on célèbre celles qui ont tant lutté pour nous permettre de bénéficier des droits que nous avons aujourd’hui et surtout, surtout pour qu’on continue.

Alors Mesdames, s’il vous plait, prenons part, prenons place, chacune à notre niveau, avec nos possibilités, ne soyons pas amnésiques, ne nous détournons pas, n’attendons pas le 8 mars pour vivre à la hauteur de nos espérances.

Et vous Messieurs, s’il vous plait, soutenez-nous et questionnez-vous tout au long de l’année, vous qui n’êtes pas femme et qui ignorez tout ce que l’on vit, juste observez, écoutez, et croyez car nous avons aussi besoin de vous.

Il n’est pas nécéssaire d’être militant(e) activiste pour travailler à un monde plus juste ou les masculin et le féminin pourront s’allier et porter une ère nouvelle. C’est une question de conscience, d’éducation, de réflexion, de prise de position qui se manifeste dans chaque sphère de nos vies et ce au quotidien ;  notre couple, notre famille, notre boulot, nos groupes sociaux.  Le machisme opère a travers nos discours, nos regards, nos représentations, nos peurs, nos automatismes et vous aussi, Messieurs, en êtes les victimes. ( mais cela fera l’objet d’un autre article).

En cette journée de la femme je nous souhaite donc de ne rien lâcher, de continuer à faire du bruit autant que possible, de continuer à lire, à se réunir, à penser et à changer nous même ainsi que la société. Je nous souhaite d’être inspiré(e)s par les Grandes du passé et du présent, de ne pas baisser la garde, d’être attentives(fs), éveillé(es) et insurgé(e)s chaque jour que le ciel fait.

#j’emmerdelepatriarcat#

 

 

 

 

Lia Antonelli Cerqueira

Par respect pour mon travail, merci de citer la source de celui-ci si vous le partagez.

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Ode à la pluie.

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Rien ne me semble plus féminin que les jours de pluie.

Nous pouvons, à la Baudelaire, les vivre comme un spleen lorsque « le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle sur l’esprit gémissant en proie au long ennuis », nous lamentant sur les rue vides, le manque de lumière, la flemme qui nous saisit.

Et pourtant…

Les jours pluvieux d’hiver étouffent les bruits de la rue nous plongeant dans une sorte de torpeur languissante et calme.Ce fameux couvercle de nuages faisant barrage au soleil nous enveloppe avec la ville, comme dans un utérus.  Dans nos pulls, dans nos maisons, sous la bulle de brume.

Le chant de l’eau en gouttelettes habite le silence et rince doucement les trottoirs et les âmes.

Sablier de pureté. Temps du dedans.

Le moi solaire et hyperactif mis à l’arrêt, la nostalgie romantique du royaume des eaux émotives se met en danse.

Parfois, je prie pour que la pluie perdure et pour que le ciel reste clos, pour que s’étende encore un peu l’heure du ballet du yin.

Non soleil, ne reviens pas tout de suite, ne nous rappelle pas au dehors et aux obligations et aux interactions. Laisse-nous baigner encore dans cette semi- obscurité, entre la vie et la mort, à la frontière de nos parois.

En ce temps, notre feu intérieur est une île dans une mer de liquides muets, mystérieux et rassurants. Dans les flaques sombres notre reflet brille, se floute et éclabousse pendant que les nuages nous cachent et nous protègent.

Parfois le ciel gronde et se zèbre, l’eau frappe avec violence le bitume sali, pénètre dans la terre et hydrate nos matrices. C’est ainsi que les Dieux nous parlent, nous lavent et nous bénissent.

Voilà pourquoi, moi femme, j’aime la pluie.

 

 

Lia Antonelli Cerqueira

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Noël ou la naissance du soleil

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Ça y’est nous y sommes.

Pour les païen(ne)s (de plus en plus nombreux) le jour de fête était le 21, pour les chrétien(ne)s, les athé(e)s ou les adeptes d’autres confessions vivant dans une société imprégnée de culture chrétienne c’est ce soir à minuit.  Non je ne parle pas de l’arrivée du père noël mais de la naissance du Christ, ou plutôt de la naissance du soleil.

Depuis 3 jours les journées s’allongent, nous rentrons dans l’hiver (bien qu’à cause du réchauffement climatique nous semblons être au printemps ici dans le sud).

Je n’entrerais pas ici dans un plaidoyer contre le consumérisme capitaliste et la question de la possible hypocrisie de ce moment de retrouvailles pas toujours souhaité. Je désire seulement me concentrer sur cette préparation au retour du soleil stratégiquement combinée à la fin de notre année calendaire.

En novembre nous avons célébré nos ancêtres, seul moment officiel de l’année qui nous permet de revenir à la conscience de nos origines, maintenant c’est l’heure de la famille. La fin d’année est donc constituée de fêtes marquant le retour au soi et au clan.

Parce que la nature s’endort et que face à son hostilité antérieure le regroupement était nécessaire. Parce que ce basculement de l’extérieur à l’intérieur implique une division et un partage de l’espace et des denrées.  Parce qu’à plusieurs on a moins froid. Parce que on est au stade du bilan de ces douze derniers mois et que, d’accord ou pas, la mise en commun nous amène à parler de nous et des autres, à exposer partiellement oú nous en sommes. Moment joyeux ou désagréable que celui des familles qui se retrouvent, famille de sang, famille de cœur, famille fracturée, décomposée ou recomposée.

Dans tous les cas ce rite de clôture nous permet de penser ; à ce que l’on partage de nous ou pas, à ceux qui nous entourent ou pas, à ceux  qui sont proches du départ, à ceux que l’on souhaiterait voir présents mais qui ne pourront plus jamais l’être (du moins sur le plan physique), à ceux qui viennent d’arriver ou qui sont, peut-être, déjà en chemin pour la vie et aussi à ceux que nous ferions mieux de ne plus voir.

La figure christique à ceci d’intéressant ; elle n’a de sens que dans son lien aux autres.  Au final qui était Jésus sinon un immense humaniste ? Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si les dons, les aumônes, les propagandes de charité, et tous les discours sur la solidarité explosent à cette période.

Le retour du soleil et notre construction sociétale nous oblige à tourner notre regard vers les autres (tous les autres) en cette période de l’année. Ne saurais-je vous inviter à cultiver et garder cette conscience au long des 52 semaines à venir ?

Arcane paternelle, le soleil symbolise la protection et le retour de la vie par la lumière et la chaleur. Attention celle-ci doit être progressive en accord avec le temps de la nature et non pas artificielle au risque de nous brûler.  Il nous convie à observer sincèrement (et en prenant notre temps) notre monde interne et le monde environnant et à redéfinir notre juste place en leurs seins.

En cette période hivernale de nativité ou la Grande Déesse accouche du Dieu Soleil et ou Marie accouche de Jésus j’ai envie de demander à mes consœurs et vous ou êtes-vous dans votre processus de transmutation ?  Qu’est-ce que vous auriez gardé caché bien au fond de vous sous votre couette que le rapport aux autres vient rallumer ? Que pouvez-vous humainement offrir ?  Qu’est-il opportun d’enterrer dans le givre du sol afin que cela fonde à tout jamais au printemps ? De quoi sera faite votre re-naissance ?

 

Sur ces mots, joyeuses fêtes à tous et toutes.

 

Lia Antonelli Cerqueira

 

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Entre solitude et alliances.

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Je voudrais parler aujourd’hui de l’équilibre entre la solitude et les alliances.

Depuis que je chemine sur la route du féminin sacré, la plus grande transformation qui s’est opérée en moi et celle de l’espace laissé à la solitude.

Nous vivons dans une société marquée par les valeurs masculines du yang (celles de l’action sans fin, de la performance et de la mise en lumière de celle -ci). Le système économique qui régit le rythme de nos vies est aussi caractéristique de ces valeurs, nous poussant à toujours plus de productivité, de contacts, faire faire faire pour vivre ou survivre, faire pour ne pas penser, faire en étant dans le monde et avec le monde. Rares sont ceux qui ne se voient pas envahir par la tristesse ou l’angoisse lorsque la pause et la solitude s’imposent. Et pourtant…

C’est dans la solitude et son silence que se manifestent les demandes de l’âme. C’est dans cette confrontation du soi au soi qu’émergent les manques, les peurs, les doutes. C’est aussi au cœur de ce temps suspendu et clos que naissent les réponses et les réajustements.

La solitude nous permet de sortir des échanges et mouvements stériles destinés à meubler le temps.  Elle nous amène à prendre conscience de l’infini qui réside à l’intérieur de nous-même et de toutes les possibilités qu’il offre. Elle nous apprend à nous défaire de la dépendance affective, à nous re-responsabiliser face à nos insatisfactions et nos frustrations pour mieux nous en libérer.

Accueillir la solitude nous enseigne comment dire non et oui à la fois. Non aux sollicitations auxquelles nous ne sommes pas en mesure de répondre ou auxquelles nous ne souhaitons plus répondre, non aux obligations que nous nous fixons pour plaire, séduire et nous sentir aimé(e)s et accepté(es).

En même temps la solitude nous pousse à dire oui, elle nous pousse à faire des choix puis à tisser et réaffirmer le lien avec ce qui nous nourrit, à impulser de l’énergie dans ce qui fait véritablement sens et ce qui nous fait grandir, nous seuls.

Accueillir la solitude c’est commettre un acte d’amour et de respect envers soi-même. C’est nager avec grâce dans les profondeurs du yin, du ressenti, du caché, du sombre, c’est embrasser la gestation et l’éclosion secrète.

Toutefois l’amour envers soi n’est pas suffisant. S’il est avéré que l’homme est un animal social s’est bien parce que nous sommes reliés aux autres et la solitude me semble n’avoir de signification que dans la mesure où elle vient nous alimenter pour partager. Vient alors le temps des alliances. Parce que ce qui n’est pas offert pourri et se meurt, parce que nous ne sommes pas autosuffisants et parce que les autres aussi nous enseignent, nous font évoluer.  Parce qu’à plusieurs nous sommes plus forts.

Il est alors primordial de se questionner sur le type d’alliances que nous établissons et avec qui, sur le type de lieux que nous fréquentons et pourquoi, sur le type d’actions que nous exposons, co-créons et dans quel but.

Dans la ronde incessante de la vie j’ai compris l’importance de l’équilibre, doux mélange de soi et des autres, se nourrir du monde extérieur, digérer, nourrir son moi intérieur, mettre bas, offrir, recevoir et puis recommencer.

Et vous ? ou vous situez vous dans la bascule entre vous-même et les autres ?

Si la solitude vous effraie, pourquoi ? Si la solitude vous enferme, pourquoi ?

Si le monde extérieur vous dévore pourquoi ?

Lune décroissante, bilan, purification…

Lia Antonelli Cerqueira

 

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Allez

 

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Jusqu’à quand notre corps de femme sera notre croix ?

Jusqu’à quand allons-nous devoir écouter les blagues stupides, baisser les yeux devant les regards insistants, sourire sans grâce devant les allusions ?

Jusqu’à quand allons-nous blêmir sous les gestes subis, contrôler toujours la distance, craindre la solitude ?

Jusqu’à quand allons-nous réfléchir à comment se vêtir, à par où passer et à quelle heure ?

Jusqu’à quand allons-nous vivre sur nos gardes, dans le silence ou la honte ?

Jusqu’à quand allons-nous laisser les professionnels charcuter nos corps et nous infantiliser ?

Jusqu’à quand allons-nous accepter les mots de folle, sotte, salope ?

Jusqu’à quand allons-nous craindre pour nos filles et nos sœurs plus que pour nos fils et nos frères ?

Jusqu’à quand allons-nous laisser les coups marquer les chairs et les plaintes accumulées mener au cimetière ?

Jusqu’à quand allons-nous nous sentir impuissantes et incapables de se défendre ?

Jusqu’à quand allons-nous nous laisser convaincre que c’est ce qu’on mérite ?

Jusqu’à quand allons-nous rester à la place que d’autres ont choisie pour nous ?

Jusqu’à quand allons-nous chercher nos mots alors qu’on hurle à l’intérieur ?

Jusqu’à quand allons-nous nous charger de tout et pour tous ?

Jusqu’à quand allons-nous comprendre l’incompréhensible, pardonner l’impardonnable ?

Jusqu’à quand allons-nous nous sentir coupables ?

Jusqu’à quand allons-nous faire des larmes et de la boule au ventre nos amis ?

Jusqu’à quand allons-nous penser que ce n’est pas si grave ?

 

Je porte dans mon ADN des millénaires de violences, je porte dans mon ADN les mémoires de toutes celles qui n’ont pas pu, pas su, pas osé, de celles qui ont tenté mais qu’on a fait taire, de celle qui ont réussi mais qui se sont perdues mais aussi de celles qui ont lutté et qui ont vaincu.  Dans un monde d’hommes malades cautionné par des femmes complices, dans un monde d’hommes éduqués à l’omerta du soi et à la conquête de la nature et des êtres, dans un monde de femmes et d’hommes en souffrance qui en font souffrir d’autres je constate de jour en jour l’urgence de repenser et parler.

Je constate de jours en jour la nécessité de se rassembler, entre femmes, entre hommes, puis ensemble, peut-être qui sait, plus tard, bientôt.

J’invite mes sœurs à sortir de leur isolement, de leurs peurs, de leur jugement et conditionnement.

Allez, femmes sacrées parler à d’autres femmes, poser un regard attentif sur celles que vous méprisez, vous confiez à celles qui vous inspirent confiance, allez, participer à des cercles, des groupes de paroles, sentir que vous n’êtes pas seule.

Allez, soutenir une inconnue en difficulté, regarder l’autre comme si c’était vous, lui donner courage. Allez, dire aux jeunes, aux anciennes, à vos pairs qu’elles sont puissantes et magiques et qu’elles portent toute la force du monde en elles.

Osez,  femmes sacrées dire non, dire ça suffit, dire ta gueule, dégage ! Témoignez et si vous ne pouvez pas parler demandez à d’autres de le faire pour vous jusqu’à ce que vous soyez prêtes. Écoutez la voix en vous qui vous dit ce qui est juste ou ne l’est pas, ne la muselez pas.

Osez, porter cette robe que seul votre miroir connaît, boucler vos valises et passer la porte, faire des enfants ou bien jamais, recevoir ce que vous donnez, vous associer pour résister.

Allez femmes sacrées, allez.

 

Lia Antonelli Cerqueira

 

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Au nom du père

 

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Cela fait quelques temps à présent que je me questionne sur mon nom.

Je suis une adepte des divagations onomastiques car il m’a toujours semblé qu’un prénom et un nom pour toute une vie ce n’était pas beaucoup. Dans certaines tribus, les individus changent régulièrement de prénom car l’on considère qu’ils se transforment tout au long de leur vie ; en effet une jeune Douce fleur des champs se sentira peut-être davantage Foudre lumineuse puis Fleuve tranquille au fil des ans. Et quoi de plus absurde et limitant que de continuer à se faire appeler Douce fleur des champs alors que l’on se sent éclair dansant à l’intérieur ?

Parenthèse faite, je me concentrerai dans cet article sur la question du nom, ou patronyme (nom du père). Mariée, j’ai moi-même opéré le transfert du nom du père vers nom de l’époux, par ce geste je marquais l’émancipation au père et à la famille en m’inscrivant dans un nouveau clan, celui de mon époux. J’utilise aussi mes deux noms (patronyme+ nom marital).

Mon travail autour du féminin m’a amené à profondément me questionner sur ce point, finalement nous sommes la fille d’un homme et lorsque nous nous marions nous sommes l’épouse d’un homme. Quant à celles qui divorcent elles retrouvent leur nom de « jeune fille » et sont donc de nouveaux rattachées à la lignée de leur père et repassent symboliquement du statut d’épouse à celle de fille…. de l’homme.

Certaines, par choix ou non, héritent du nom de leur mère. Mais au final celui-ci continue de nous lier exclusivement aux hommes de nos lignées, puisque nos mères aussi portent le nom de leur père, ainsi que nos grandes mères et arrières grand-mères ….

Depuis des siècles et des siècles nous portons en nous et transmettons à nos enfants les noms des hommes, nous sommes coupés des noms de nos mères et ignorons même si elles ont en déjà eu un. En ce sens nous n’avons donc aucune existence si ce n’est celle qui nous rattache aux clans de nos ancêtres masculins.

Les hommes eux-mêmes sont le fruit d’un monde ou l’ascendance féminine est invisible car innomé.

Comment alors lui faire une place ? Comment nous, hommes et femmes, pouvons-nous travailler sur l’éveil et l’harmonie du masculin et féminin sacrés, comment pouvons-nous célébrer leurs retrouvailles si la plus lointaine femme de notre lignée est anonyme ? Si on ne peut l’appeler que fille ou femme de ?

La question autour de la décolonisation du corps féminin ainsi que celle de la re-harmonisation entre les sexes me semble aussi passer par une forme de libération et recréation nominative. En nommant nos ancêtres féminines nous leur redonnerions la possibilité d’une existence pleine et dite qui dépasserait la simple identification au mâle. En nommant nos ancêtres féminines nous revaloriserions leur singularité et leur influence au sein de la famille.

Et vous? Dans quelle mesure le nom et le prénom que vous portez témoigne de votre fidélité au clan ?

Avez-vous favorisé le nom de votre père, celui de votre grand-père maternel ? Celui de votre conjoint ?

Quel est l’impact de ce nom sur votre relation au féminin, au masculin, au groupe et à votre individualité ?

À vous.

 

Lia Antonelli Cerqueira

 

 

De la Grande Déesse

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Le féminin sacré est hyper médiatisé, perdu au cœur d’un phénomène de mode capitalisto-spirituel fourre-tout. En témoigne un des derniers numéros de la revue « Styliste » ouvrant sur une vulve géante puis présentant, dans un mélange de fumée arc en ciel et paillettes, les nouveaux produits de mode côtoyant les principes du cycle lunaire-menstruel avant deux pages d’interviews des peoples américains du très branché monde du bien-être.

La grande ignorée des tweets, pubs, et podcasts est pourtant celle qui vient questionner l’ordre établit de cette société patriarcale consumériste et polluante, celle qui, silencieuse, est au cœur des regroupements de femmes (et de quelques hommes) sans que souvent ceux-ci la connaissent.

Au- delà de la dichotomie masculin/ féminin, animus/anima, action/réception la Grande Déesse est le symbole de la symbiose entre ces deux pôles.

Mère nature, à la fois créatrice et destructrice, ciel et terre, vie et mort, brutale et douce, maternelle et guerrière, prostituée et sainte, parfois androgyne, c’est elle qui est célébrée partout à travers le monde pendant des milliers d’années.  S’en suit différentes vagues de patriarcat consistant dans un premier temps en une fragmentation de ses différentes propriétés puis, avec les premiers textes monothéistes, en une démonisation de tous ses symboles visant l’éradication de son culte et l’asservissement des femmes aux hommes et à Dieu.

Si l’on peut douter du caractère idyllique des sociétés organisées autour du culte de la mère divine on ne peut cependant pas questionner le fait que durant toutes cette période le féminin et la nature aient été sacralisés. De ce fait, les femmes étaient reconnues tant sur le plan religieux que sur le plan politique, elles étaient les gardiennes de la lignée et du clan, libres détentrices de leurs corps et savoirs, propriétaires des terres et biens.

La destruction des cultes à la Déesse entrainera la colonisation du corps féminin et la restriction de la femme au rôle de procréatrice dépourvue de tout types de droits. Cette destruction s’opère par la mise en place d’un système guerrier condamnant les hommes à des rapports de force et de violence et se traduisant initialement par le passage d’une vénération de la nature à sa domination.

C’est donc sur l’histoire de cette domestication séculaire à la fois biologique, organique et idéologique qu’il me semble indispensable de se pencher lorsque l’on travaille sur la signification du féminin sacré.

Sans haine aucune envers toutes les représentations du divin, panthéons hétéroclites ou puriste, croyances monothéistes, polythéistes, animistes, et syncrétiques, il apparaît toutefois urgent de redonner une place à cette mémoire collective génocidée pour se relier à notre ancestralité et soigner nos lignées.

Au nom de la Grande Mère du Père et du fils/ de la fille.

Amen.

 

Lia Antonelli Cerqueira